- La première raison identifiée est que ce ne sont pas les mêmes personnes. Ceux qui voudraient s’exprimer sont souvent des personnes qui n’ont pas les moyens de le faire (absence d’équipement, manque de maîtrise des outils…). Donc, ils ne peuvent pas contribuer en ligne avec les moyens que nous proposons. Lorsque ces personnes résident dans des établissements d’accueil, c’est le devoir des dirigeants et des animateurs de mettre en place ces moyens, mais trop souvent les questions financières limitent les ambitions. Permettre aux résidents de s’exprimer n’est pas souvent une priorité dans les établissement d’accueil et c’est très regrettable.
Au contraire, ceux qui répondent en masse à nos propositions d’initiation aux techniques d’internet sont déjà plus ou moins des utilisateurs qui veulent pouvoir aller plus loin.
- La seconde raison tient au manque de confiance en eux ; il leur est difficile de franchir ce pas et les craintes sont diverses : crainte de ne pas bien maîtriser les outils, peur des risques liés à l’utilisation d’internet… Cela met en évidence l’importance du tutorat (certains parlent de coaching) pour accompagner ces personnes. La mise en place de la Citoyenneté Numérique des Etudiants en Ile de France est un premier pas important mais qui ne peut suffire. L’expérience des italiens avec Eldy a mis en évidence le rôle fondamental que peuvent jouer les adolescents pour accompagner les aînés de leur entourage à utiliser les TIC.
Pour mobilliser ces jeunes, le corps enseignant dans son ensemble devrait être un élément moteur. Les actions ne doivent pas se limiter aux Universités, elles devraient pouvoir s’étendre dans tous les lycées et collèges. Les actions citoyennes ont aussi leur place dans l’enseignement secondaire et même primaire. L’Education Nationale – administration et enseignants – doivent repenser l’instruction civique : ce devrait être pour les jeunes une occasion de faire, de réaliser quelque chose dans l’intérêt de la société en l’absence de contrainte et d’évaluation.
Il existe certes des actions ponctuelles en ce sens ; il est nécessaire d’organiser cela à plus large échelle.
- Une troisième raison réside dans le fait que nos actions ne sont pas assez largement connues. Le site Cercle Vermeil est bien connu de spécialistes, mais ce n’est pas un site orienté vers le "grand public", à la différence d’Eldy. Le reproche nous est souvent fait d’être trop centré sur les technologies et il est vrai que le développement des usages qui est notre objectif n’est pas -et de loin- uniquement lié aux outils. La "feuille de route" que nous avions tracée comportait trois volets :
- mettre à disposition des outils adaptés pour les personnes qui étaient exclues de la société numérique du fait des outils. C’est ce qui a été fait avec Eldy. Il reste cependant encore beaucoup à faire car l’implication des Collectivités Territoriales est encore insuffisant. Pour qu’Eldy soit l’outil simple d’accès aux services des Collectivités et Administrations, leur implication est indispensable. Or, seule la Région Ile de France et deux communes d’Ile de France ont apporté à ce jour un réel soutien à nos activités. Nos efforts seront accrus pour obtenir une participation active des Collectivités et Administrations ;
- mettre en place un accompagnement par un réseau de bénévoles. L’année 2010 concrétisera partiellement nos efforts en Ile de France, mais nous ne sommes pas encore parvenus à constituer un véritable réseau national de bénévoles. Ainsi pour être plus efficaces devrons nous compléter les actions de bénévoles par des actions de professionnels et nous devrons aussi unir nos efforts avec des institutions en place telles que les EPN. Cela nécessitera d’imaginer un cadre économique différent (ou complétant) celui des services à la personne ;
- développer l’accès à des services professionnels de proximité.