Le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) a tenu sa première réunion pleinière le 24 mars 2011 suite à la lettre de mission du Premier Ministre du 13/1/11.
Dans sa lettre de mission, le Premier Ministre mentionnait : “Vous aviez alors indiqué, et vous avez réaffirmé dans votre rapport annuel pour 2010, qu’il était crucial de prendre en compte, non seulement la très forte interaction entre les prestations sanitaires et médico-sociales, mais aussi I’articulation avec les aides de nature sociale, et notamment I’accompagnement et la compensation de la dépendance des personnes âgées. Cette approche globale me paraît particulièrement nécessaire, dans un contexte où la situation des finances publiques nous impose une vision d’ensemble de I ‘efficience de nos dépenses collectives“.
Selon les indications communiquées dans la presse, le HCAAM s’attachera notamment à l’articulation entre les prestations versées, à une meilleure organisation et à une optimisation des soins.
Cercle Vermeil partage ce souci mais considère qu’il n’est pas opportun de se limiter à l’organisation et à l’optimisation des soins seuls. Si cela est pertinent au plan de la seule Assurance Maladie, il existe un enjeu national plus général qui concerne l’ensemble des mesures d’accompagnement des personnes : la situation des personnes dépendantes et la question du financement des mesures d’accompagnement ne peut pas s’apprécier sous le seul angle des dépenses de de santé ou médico-sociales. Il est nécessaire d’avoir une vue d’ensemble qui intègre toutes les actions d’accompagnement, y compris les aides à la vie quotidienne à domicile.
Nombreuses sont les personnes qui sont confrontées à des services qui agissent sans aucune coordination. Dans ces conditions, comment peut-on garantir que le financement des diverses aides est efficient et conduira à la meilleure des solutions d’accompagnement pour une personne ?
Cercle Vermeil considère qu’une première mesure concrète consiste à créer un espace collaboratif réunissant tous les acteurs qui accompagnent une personne : soignants, aidants, services sociaux… En collaboration avec des professionnels issus de disciplines différentes, Idutaip a élaboré la maquette d’une telle plateforme et souhaite la tester sur des sites pilotes au second semestre 2011. Toutefois à ce jour, aucun financement de cette action dans son ensemble n’a pu être obtenue, malgré un budget modeste.
Mais un outil collaboratif ne sera efficace que s’il existe un réel coordinateur d’ensemble. C’est pourquoi toute la démarche de Cercle Vermeil consiste à mettre la personne (ou son référent familial en cas d’incapacité) au centre de son dispositif d’accompagnement. Nous pensons que la personne est la mieux à même de gérer son “budget” d’accompagnement. Il s’agit là d’une nouvelle notion qu’il serait utile d’appréhender :
- quel budget peut être attribué à une personne donnée en fonction de sa situation personnelle (sociale et sanitaire),
- quel processus pourrait conduire à définir un tel budget global personnalisé
- comment permettre à la personne de gérer son budget personnel et de définir un programme d’action organisé et cohérent qui lui convienne, en liaison avec les services attributaires des aides et les accompagnants ?
- comment assurer le suivi des actions d’accompagnement afin d’éviter la dérive du budget vers des actions non validées…
Est-ce une approche utopique ? Non, il existe une expérimentation en Angleterre du “Personal Budget” qui a déjà défriché une grande partie des problèmes.
Peut-être est-il temps de s’en inspirer aussi en France ? Idutaip avait proposé en 2010 un projet européen en ce sens (“Putting Person First”) qui n’a pas été retenu. Après quelques mois, le sujet devient d’une urgente actualité en France.